Tuber un conduit de cheminée est souvent la solution la plus sûre pour corriger des problèmes d’étanchéité, d’aspiration ou de corrosion, et pour améliorer le rendement d’un appareil de chauffage au bois ou aux granulés. Le tubage réduit les risques d’incendie dus aux fuites de fumées, limite la formation de condensation corrosive et facilite l’entretien. Ce guide décrit les vérifications préalables, le choix du matériau, la méthode pas à pas, les obligations réglementaires et des conseils pratiques pour un chantier propre et conforme à la NF DTU 24.1.
1. Vérifications préalables et diagnostic du conduit
Avant toute intervention, inspectez soigneusement le conduit existant. Cherchez fissures, joints friables, efflorescences saline ou traces de suie excessives. Mesurez le diamètre intérieur, la longueur totale utile, la présence et le nombre de coudes, ainsi que l’axe du conduit (verticalité, déviations). Notez l’accessibilité depuis le sommet du toit ou depuis l’appareil (pose par le haut ou par le bas).
- Contrôlez l’étanchéité et l’absence de fissures traversantes.
- Évaluez le tirage : une mesure simple avec un anémomètre ou observation d’un feu témoin peut aider.
- Vérifiez l’état du couronnement et de la partie haute du conduit (risques d’infiltration d’eau).
- Photographiez l’intérieur si possible pour conserver une trace avant travaux.
2. Choix du tubage : matériaux et avantages
Le choix du tubage doit prendre en compte le type de combustible, la température des fumées, la présence possible de condensation et les prescriptions de l’assureur. Les solutions courantes :
- Inox isolé : tubage double paroi avec isolant entre paroi intérieure et extérieure. Très étanche, limite la condensation, recommandé pour inserts et poêles modernes.
- Inox simple (paroi simple) : adapté lorsque la température des fumées reste suffisamment élevée et que l’humidité n’est pas excessive. Moins onéreux mais plus sensible à la corrosion.
- Flexible inox : utile lorsque le conduit présente des coudes ou un accès difficile. Pratique mais parfois moins durable et moins performant thermiquement que le rigide.
Pour un foyer fermé ou un appareil à granulés, l’inox isolé est souvent préconisé pour garantir étanchéité et performance. Vérifiez toujours la compatibilité technique avec votre appareil et les recommandations du fabricant.
3. Méthode pas à pas pour la pose
- Préparation du chantier : protégez sol et mobilier, placez bâches et cartons pour recueillir poussières et suie. Prévoyez gants, lunettes, masque et vêtements de protection.
- Mesure et commande des éléments : achetez le tubage avec les longueurs adaptées, colliers de fixation, manchon de raccordement, collerette pour le couronnement et matériaux d’étanchéité résistants aux hautes températures.
- Dépose éventuelle des parties instables du conduit et nettoyage interne grossier.
- Insertion du tubage : par le haut (depuis la toiture) si le conduit est étroit ou difficile d’accès, ou par le bas (depuis l’appareil) si l’accès intérieur le permet. Chaque jonction se verrouille selon le système préconisé (emboîtement, vis, brides).
- Fixation et scellement : utilisez des colliers métalliques tous les mètres environ, ajustez la longueur, veillez à ce que le tubage arrive légèrement au-dessus du couronnement si vous le remontez par le haut. Scellez le couronnement avec un mortier adapté ou posez une collerette d’étanchéité pour éviter les infiltrations d’eau.
- Contrôle final et étanchéité : vérifiez l’absence de jeu entre les éléments, testez l’étanchéité avec un feu témoin et contrôlez l’extraction des fumées. Mesurez les gaz de combustion si possible et vérifiez l’absence de refoulement.
4. Outillage et fournitures indispensables
Prévoyez mètre, niveau, perceuse, visseuse, clés, serre-joints, colliers inox, ciseaux à tôle si ajustement, mortier réfractaire ou mastic haute température, bâches, aspirateur de chantier et gants adaptés. Un testeur de CO et un manomètre peuvent être utiles pour vérifier le tirage et la sécurité après mise en service.
5. Obligations réglementaires et assurance
La NF DTU 24.1 fixe des règles concernant les dimensions minimales, l’étanchéité, l’accès et la maintenance des conduits. Le ramonage est obligé au moins une fois par an pour les appareils au bois dans beaucoup de communes ; la fréquence peut être supérieure selon l’usage. Conservez toutes les factures, certificats et l’attestation de conformité fournie par le professionnel pour votre dossier d’assurance. En cas de doute sur la complexité technique ou pour obtenir une attestation, faites appel à un fumiste certifié Qualibat ou RGE.
6. Coûts indicatifs et conseils pour faire réaliser les travaux
Les prix varient selon le type de tubage, la longueur, l’accessibilité et la main d’œuvre. À titre indicatif, comptez de 50 à 160 euros le mètre posé professionnellement selon qu’il s’agisse d’inox simple, isolé ou flexible. Demandez plusieurs devis, vérifiez les garanties et les références, et exigez une attestation de conformité après chantier.
7. Entretien et sécurité après pose
Après tubage, procédez à un ramonage régulier et inspectez visuellement le couronnement et les points d’étanchéité. Si vous observez une mauvaise combustion, fumées anormales ou odeurs, arrêtez l’appareil et faites intervenir un professionnel. Installez des détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone aux emplacements recommandés.
Un tubage bien posé prolonge la vie de votre conduit, améliore le rendement et réduit sensiblement les risques. Pour les installations complexes ou si vous souhaitez une attestation pour l’assurance, confiez la pose à un professionnel qualifié et conservez toutes les preuves d’intervention.





