| Sélectionnez une thématique | |
| La démarche du pacte écologique | Le soutien au Pacte écologique |
| Pour un engagement local : le guide de l'éco-électeur | Les objectifs et propositions du pacte écologique |
Economie
Peut-on faire face au défi écologique sans remettre en cause le libéralisme ?
Si, par libéralisme, on entend politique du laisser-aller et logique strictement marchande, alors oui le libéralisme n'est pas compatible avec la mutation écologique. Il ne s'agit pas d'une posture idéologique mais d'un principe de réalité. Le marché, laissé à lui-même, ne peut qu'aggraver la crise. Il faut trouver de nouvelles formes de régulations qui introduisent dans l'économie et les échanges la règle de la durabilité des productions et des modes de vie.
Comment concilier les contraintes écologiques et la croissance économique ? Le Pacte écologique prône-t-il une décroissance ?
La croissance envisagée de manière illimitée ne peut qu'entrer en collision avec les limites du monde fini dans lequel nous vivons. Par conséquent, l'objectif de la mutation économique consiste à découpler la croissance des flux de matière et d'énergie de la croissance du bien être social et individuel. Moins mais mieux ! Des formes de décroissance doivent impérativement intervenir dans les systèmes de production et les modes de vie qui s'avèrent, en l'état, insoutenables. Il s'agit de choisir ce qui doit décroître sous peine de pénurie ou de catastrophe (comme la consommation d'énergie fossile) mais en aucun cas de s'orienter vers une décroissance généralisée, une récession, qui conduirait l'humanité au drame. Toute la question est d'articuler ces formes de décroissance avec le progrès humain. Mais si nous n'orientons pas nos productions et nos consommations vers la modération, le déclin économique et social, la récession, le rationnement seront inévitables.
La prise en compte des enjeux écologiques peut-elle être source d'emplois ?
Oui. Un système économique orienté vers le recyclage, la récupération, la réutilisation, la réparation peut offrir des gisements d'emploi considérables en matière d'artisanat, de maintenance, d'entretien. Des emplois non délocalisables de surcroît. De même, le développement des énergies renouvelables nécessitera des milliers de créations d'emploi. De même que la recherche réorientée vers la conception de produits durables ou une agriculture de qualité (biologique ou certifiée) faisant plus appel au travail paysan qu'aux machines, aux engrais et aux pesticides. Imaginons que le futur gouvernement lance un grand plan de rénovation et d'isolation thermique de l'habitat et de l'ensemble du bâti afin d'économiser l'énergie qui y est gaspillée et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cela ouvrirait des possibilités de travail pendant plusieurs années.
Energie
Une taxe sur le carbone est-elle nécessaire ?
Nous ne voyons pas d'autres moyens. Si l'on est d'accord avec les scientifiques pour estimer que le réchauffement climatique provoqué par la combustion des énergies à base de carbone - charbon, gaz naturel, pétrole - constitue le grand enjeu de ce siècle et menace l'avenir de l'humanité, il faut agir vite et fort. Aucune autre source d'énergie, ni le nucléaire, ni les énergies renouvelables, ne sont susceptibles de se substituer en quantité aux énergies fossiles. Nous n'avons pas d'autre alternative que de faire baisser leur consommation. Soit on instaure un prix dissuasif, avec la mise en place d'une taxe carbone (différenciée selon les secteurs et selon un rythme de progression qui ne pénalise pas les plus bas revenus), soit on s'oriente vers un rationnement autoritaire par le biais de quotas individuels. Nous préférons quant à nous agir par les prix afin que chacun - avec l'aide des pouvoirs publics - puisse orienter son budget selon ses besoins.
Avec la taxe carbone, comment ne pas pénaliser les entreprises soumises à une compétition économique internationale ?
Le Pacte écologique propose que soit étudiée au niveau européen une taxe aux frontières sur les biens produits à partir d'énergie fossile en provenance de pays ne s'appliquant pas de taxe carbone ou n'adhérant pas au Protocole de Kyoto; il serait en effet absurde que ceux qui contribuent à l'amélioration de la santé de la planète soient pénalisés au profit des pollueurs.
Comment parvenir à une économie circulaire et de fonctionnalité telle que vous la proposez dans le Pacte écologique ?
Il s'agit d'éviter que les matières premières et l'énergie utilisées pour fabriquer des biens de consommation soient perdues comme c'est le cas dans les modes de production actuels mais qu'elles soient au contraire utilisées en boucle (d'où le terme d'économie circulaire par opposition à l'économie actuelle qui fonctionne sur un mode linéaire), grâce au recyclage, à la réparation, à la réutilisation, à l'entretien. Cela suppose un changement profond dans la finalité des productions : produire des objets qui durent, dont la destination ne soit plus d'être jetés et perdus. Avec moins de déchets, de gaz et de pollutions au final et une économie des matières et de l'énergie. Cela peut s'organiser progressivement, filières par filières. Il n'y a aucune difficulté technique majeure, seulement des reconversions à organiser dans les procédés de fabrication. Cela créera en outre un important gisement d'emplois locaux pour favoriser la durabilité des biens.
En mettant par ailleurs l'accent sur la fonctionnalité des biens et non plus sur leur possession pure et simple, on peut également favoriser la durabilité de ceux-ci et l'économie des matières premières et de l'énergie utilisées pour les fabriquer. Ce n'est plus le bien lui-même qu'on achèterait mais son usage, sa fonction (par sa location par exemple). Cela éviterait bien des gâchis. Là encore, secteur par secteur, il nous apparaît possible d'initier un changement des habitudes de consommation et des réflexes d'achat, sans recourir au rationnement. Ce qui importe, c'est l'utilité d'un bien, pas sa possession.
Que faut-il penser des biocarburants ?
Les diverses formules de biocarburants constituent une solution partielle pour répondre au problème de la nécessaire diminution de consommation des énergies fossiles, en particulier le pétrole. Mais il ne s'agit que d'une piste parmi d'autres. On ne peut pas consacrer la totalité des surfaces agricoles de la terre à la production de carburant pour les automobiles, les camions et les avions. Ni détruire toutes les forêts pour les remplacer par des champs de biocarburant. En outre, ces biocarburants (éthanol, biodiesel...) nécessitent actuellement de recourir à d'importantes quantités d'énergie fossile pour les produire. Une nouvelle génération de biocarburants (grâce à l'utilisation de la biomasse) permettra sans doute de réduire cette consommation d'énergie. Mais, en tout état de cause, les surfaces de culture ne sont pas assez importantes pour satisfaire la demande en carburant. On ne fera pas l'économie d'une réduction de la consommation de carburant. Une substitution partielle par les biocarburants peut seulement y aider.
Peut-on se passer du nucléaire ?
Nicolas Hulot estime personnellement qu'il faut rechercher les moyens de préparer à terme une sortie du nucléaire car cette technologie présente de graves risques de dissémination et de contamination en cas d'accident ou en matière de déchets. Peut-être la quatrième génération des réacteurs nucléaires permettra-t-elle de maîtriser ce risque ? Mais la sortie du nucléaire ne peut pas s'improviser économiquement et techniquement, et elle devra sans doute être soumise à référendum. Il faut ensuite ne pas se tromper de priorité. Remplacer tout de go le nucléaire par les énergies fossiles, en particulier le charbon, serait catastrophique pour le climat. Il faut donc profiter du répit dans le temps que nous offre la technologie nucléaire pour mettre en place des politiques de réduction de la consommation énergétique et promouvoir les énergies renouvelables. Quand nous y serons parvenus, alors nous pourrons nous poser la question de savoir si nous devons nous passer ou pas du nucléaire.
Quelle est la position de Nicolas Hulot sur l'EPR ?
Voici les termes exacts utilisés par Nicolas Hulot au regard de la question posée et qui l'engagement personnellement : "Il est urgent d'attendre (concernant l'EPR). Il ne faut pas fermer la porte à une éventuelle quatrième génération de centrales, mais l'EPR n'est pas indispensable pour y arriver. La priorité c'est la diversité énergétique et la baisse drastique de la consommation énergétique issue de l'énergie fossile, sur laquelle nous avons une grande marge de manœuvre."
International
N'est-il pas illusoire de croire qu'une mobilisation de la France peut changer la donne mondiale ?
Sans avoir ni la vanité ni la naïveté de croire que notre pays va, à lui seul, changer la donne mondiale, la France peut jouer un rôle majeur à l'échelle internationale et entraîner l'Europe dans son sillage. Si elle fait de l'impératif écologique la priorité de sa politique, son exemplarité pourrait montrer le chemin à une Europe qui se construit. Et l'Europe n'est-elle pas une bonne échelle géopolitique pour faire jaillir une société où le bien-être, l'économie et l'écologie soient enfin compatibles ?
Comment contraindre les Etats-Unis, la Chine et l'Inde à réduire leurs gaz à effet de serre ?
C'est tout l'enjeu des négociations climatiques qui se déroulent au niveau international. Il faut étendre le protocole de Kyoto à tous les pays, selon la responsabilité de chaque pays dans les émissions. Pour cela nous disposons de deux instruments : le poids et l'effet d'entraînement que peut avoir l'Europe et la France en son sein ; le transfert vers les pays du Sud de technologies propres et économes en énergie qui permettront à ceux-ci de maîtriser leur développement.















